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 MICHEL NAU  DANIELE SICARD  JEAN CARZOU 

 

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L'ALCHYMISTE DE SARCÉ

   Récit extraordinaire

 

 

    Là-bas, dans le Maine, entre les forêts de Machenoir et de Persay, vivait un alchymiste, un faiseur d'or qu'on

appelait Le Got.

    Ce coquillard avait connu Nicolas Flamel, le généreux donateur des Innocents. Au-dessus de sa porte étaient

gravés trois lis en mémoire des trois fleurs que le roi Clovis avait reçues du ciel.

    Un soir d'hiver, il installa René Leroux, sabotier, près du feu, et lui dit :

 

   Le franc parler s'appauvrit comme le coeur se déssèche. Les gens nient le pet du diable

 
 

et sont bouffis d'orgueil. Avec la bénédiction de Pierre, le concile a fait du sourcier un

 
 

sorcier sans pouvoir, à merci de l'inquisition. Mais le Malin est toujours là.

 
 

   Hier, fouacier ou chaircutier, étaient plus belles images dans la bouche du pauvre

 
 

qu'enluminures de pargemin. Il ne fallait pas être clerc pour vouloir au grand froid, s'appeler

 
 

Pelissier. On aimait le sobriquet. La langue était juteuse. La vie terrible, mais lumineuse.

 
 

Saint-Michel en haut, Saint-Marcel à Nostre-Dame, terrassaient le dragon. Les bougres

 
 

glandaient à La Chesnaie. Et tout parlait. Au champ de la Pendaille, on entendait geindre

 
 

la mandragore.

 
 

   On ne peut que se préserver. Qui croit se libérer, se dégrade. Plus personne ne peut faire

 
 

la différence entre l'herbe à la Gale ou l'herbe à la Puce, et l'herbe aux Poux, et l'herbe de

 
 

Saint-Christophe.

 
 

    L'antimoine est sorti malgré nous de nos laboratoires. Le chymiste s'évertue en vain sur

 
 

la matière : il n'a pas sauvé l'Esprit.

 
 

    Je vais partir. Sur ma route interroger les arbres, le ciel, la pierre, qui cèlent la vérité. Quand

 
 

Sarcé renaîtra ( dans notre langue qu'entendent les Oiseaux, Sarcé veut dire Sacré ), je serai là.

 
 

     N'oublie pas. La tradition touche au surnaturel. C'est du maillet et du ciseau, de la forge que

 
 

renaîtra l'étincelle...

 
     
     
 

   Et le bon-homme s'enfonçait dans la nuit en balançant des vers qu'il tenait de Villon.

Premièrement, au nom du Père,
Du Fils et du Saint Esperit,
Et de sa glorieuse Mère
Par qui grâce rien ne périt;
Je laisse, de par Dieu, mon bruit.

    

   

 Aujourd'hui encore, on peut voir au bourg, l'enseigne du Cheval Blanc. La tôle peinte, toujours ballante, invite

l'Adepte en chemin vers l'Orient.

 

Michel Nau et Persée

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  Un samedi chez les ploucs.  
     
 

Raphaël. Pas le peintre. Le plouc.

 
 

Ce soir il laisse son tracteur. Il va en ville. En boite. Entendez Club échangiste. 15 euros l'entrée.

 
 

Où il se tape des super gonzesses, qu'il dit.

 
 

Il s'est déjà fait une banquière, une chef d'entreprise, une directrice de je ne sais plus quoi.

 
 

Là, pas de boniches, pas de femmes de ménage. A poil. La pénombre donne du galon.

 
 

Il vit la vie de XXK, son modèle.

 
 

Raphaël se soigne. 5 séances d'U.V. au printemps, pour le teint. Épilation entre les fesses,

 
 

pour les rencontres.

 
 

- Comment ?

 
 

Il se lève.

 
 

- Comme çà.

 
 

Il écarte ses fesses des 2 mains. ( Pour moi, il garde le pantalon. )

 
 

Il se parfume grandes marques, qu'il dit. Pour le reste c'est Lideule.

 
 

Je vais à Cannes.

 
 

- Si j'allais avec toi mon gars, et qu'on se promenait sur la croisette, tu ferais pas le poids.

 
 

Si tu me voyais avec mes lunettes de soleil. J'ai des Raibang. Et mes chaussures, des Nique.  

 
 

En plus, un sac à main en bandoulière. Je passerai pas inaperçu.

 
 

- Sûr.

 
     
 

Michel Nau

 

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